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Gotu kola

Nom scientifique : Centella asiatica (L.) Urb.
Partie utilisée : feuilles / parties aériennes séchées
Origine : plante tropicale d’Asie, d’Australie et d’autres régions tropicales ou subtropicales

Gotu kola

Avis global

Le gotu kola, ou Centella asiatica, est une plante traditionnelle asiatique utilisée depuis longtemps en médecines ayurvédique et chinoise, surtout pour la peau, la cicatrisation, la circulation veineuse et la mémoire. Comme souvent avec les plantes très anciennes, sa réputation commerciale dépasse largement ce que permettent de conclure les essais cliniques humains.

Le signal clinique le plus crédible concerne l’insuffisance veineuse chronique : jambes lourdes, œdème, douleur, gonflement et paramètres de microcirculation. Plusieurs essais randomisés anciens suggèrent un bénéfice, principalement avec des fractions triterpéniques standardisées de Centella asiatica, souvent appelées TTFCA ou TECA. Mais ces résultats restent à interpréter prudemment : les études sont anciennes, souvent petites, parfois mal rapportées, avec des risques de biais incertains. Cela ne permet pas de généraliser l’effet à n’importe quelle poudre ou gélule de gotu kola du commerce.

Pour la cicatrisation, la situation est plus subtile. L’EMA reconnaît un usage traditionnel cutané pour aider à la guérison de petites plaies, mais uniquement comme usage traditionnel, c’est-à-dire fondé sur l’ancienneté d’utilisation et non sur une efficacité cliniquement démontrée. Dans la grille Fideta, un usage traditionnel seul ne constitue pas une preuve d’efficacité : il doit donc être classé comme absence de preuve clinique convaincante. Quelques petits essais topiques spécialisés existent, notamment après laser dermatologique, mais ils restent trop limités pour soutenir une allégation générale, et ne sont pas transposables aux compléments alimentaires oraux.

Les promesses autour de la mémoire, de la concentration, du stress, de l’anxiété ou de l’humeur sont encore plus fragiles. La méta-analyse disponible ne montre pas de bénéfice significatif sur les grands domaines cognitifs versus placebo. Quelques signaux ponctuels sur la vigilance ou la colère existent, mais ils sont exploratoires, hétérogènes et insuffisants pour valider une allégation.

Le gotu kola ne doit pas non plus être présenté comme un ingrédient “anti-âge”, “collagène”, “circulation cérébrale”, “adaptogène” ou “détox” par voie orale. Ces usages relèvent surtout du marketing, de la tradition ou de la plausibilité biologique, pas d’une preuve clinique robuste.

Sur la sécurité, la prudence est importante. Les essais courts rapportent surtout des effets indésirables digestifs ou non spécifiques, mais des cas rares d’atteinte hépatique avec jaunisse ont été publiés après prise orale. L’EMA n’a pas retenu l’usage oral dans sa monographie, notamment en raison d’incertitudes sur la sécurité hépatique et reproductive. En pratique, le gotu kola oral ne doit pas être banalisé, surtout en usage prolongé, avec des extraits concentrés ou chez des personnes à risque hépatique.

En résumé, le gotu kola est un ingrédient avec un signal clinique ciblé sur l’insuffisance veineuse chronique, mais il ne mérite pas le statut de plante démontrée pour la mémoire, le stress, la cicatrisation orale ou l’anti-âge. Son intérêt dépend fortement de la forme utilisée, de la standardisation en triterpènes et du niveau de prudence sur la sécurité orale.


🎯 Effets attendus et preuves scientifiques

FonctionRevendicationNote FidetaDose étudiée
Insuffisance veineuse chroniqueRéduction des jambes lourdes, douleurs, œdème et amélioration de paramètres microcirculatoires🟡 CExtraits/fractions triterpéniques standardisés type TTFCA/TECA, environ 60 à 180 mg/j selon les essais
Œdème veineux / gonflement des jambesRéduction de l’œdème chez adultes avec trouble veineux chronique🟡 CPrincipalement TTFCA/TECA, 60 à 180 mg/j ; non extrapolable aux poudres non standardisées
Microangiopathie diabétiqueAmélioration de paramètres microcirculatoires chez patients diabétiques🟠 DDonnées limitées avec fractions triterpéniques ; pas de dose fiable pour un usage grand public
Cicatrisation de petites plaies — usage traditionnel cutanéAide à la guérison de petites plaies par application localeFEMA : 0,6 g localement 3 fois/j, maximum 1 semaine, mais usage traditionnel uniquement, donc pas une dose d’efficacité démontrée
Cicatrisation post-laser dermatologiqueRéduction de l’érythème et amélioration de l’apparence après laser facial🔴 EGel topique ECa 233 à 0,05 % dans un petit essai split-face ; non transposable aux compléments oraux
Plaies complexes / brûlures / ulcèresAccélération de la cicatrisation en contexte médical🔴 EÉtudes humaines rares, hétérogènes, souvent topiques ; pas de dose validée
Mémoire / cognitionAmélioration de la mémoire, attention ou cognition globaleFAucune dose efficace démontrée ; méta-analyse sans bénéfice significatif versus placebo sur les domaines cognitifs
Vigilance / humeurAmélioration ponctuelle de l’alerte, du calme ou de certains scores d’humeur🔴 ESignaux exploratoires, doses très variables ; pas de dose fiable
Stress / anxiétéEffet relaxant ou anxiolytique🔴 EDonnées humaines insuffisantes, non robustes et non reproduites
Peau anti-âge / rides par voie oraleAmélioration du collagène, des rides ou de l’élasticité cutanée via complément oralFAucune dose efficace démontrée
Cellulite / drainage / rétention d’eauAmélioration esthétique ou “drainante”FAucune dose efficace démontrée
Adaptogène / énergie mentaleTonus, résistance au stress, fatigue mentaleFAucune dose efficace démontrée

Les doses indiquées correspondent aux doses utilisées dans les essais ou monographies. Elles ne constituent pas une recommandation individuelle.


⚠️ Sécurité et précautions

  • Effets secondaires / effets indésirables

Dans les essais cliniques courts, le gotu kola semble souvent bien toléré, mais les données restent limitées, surtout pour la voie orale prolongée et les extraits concentrés.

Effets indésirables possibles :

  • troubles digestifs : douleurs abdominales, ballonnements, nausées, vomissements, diarrhée ;
  • céphalées ;
  • vertiges ;
  • somnolence ou sensation de sédation chez certains sujets ;
  • palpitations ou inconfort non spécifique ;
  • réactions cutanées avec les formes topiques : irritation, prurit, rougeur, dermatite de contact ;
  • réactions allergiques rares, notamment chez les personnes sensibles aux Apiaceae.

La tolérance observée dans de petits essais ne doit pas être interprétée comme une preuve de sécurité parfaite. Les données long terme, les extraits concentrés et les populations fragiles restent insuffisamment documentés.

  • Points de vigilance spécifiques

Le principal point de prudence concerne la voie orale.

LiverTox rapporte de rares cas d’atteinte hépatique aiguë symptomatique avec jaunisse après prise de Centella asiatica. Les cas publiés décrivent généralement une apparition après plusieurs semaines d’utilisation, avec amélioration après arrêt.

L’EMA n’a pas inclus l’usage oral dans sa monographie, en raison d’incertitudes sur de possibles effets hépatiques et reproductifs. La monographie européenne ne retient qu’un usage traditionnel cutané pour les petites plaies.

Cela signifie qu’un complément oral de gotu kola doit être abordé avec prudence, en particulier lorsqu’il s’agit d’un extrait concentré, d’une prise prolongée ou d’une association multi-ingrédients.

  • Contre-indications / situations à éviter par prudence

Par prudence, éviter ou demander un avis médical en cas de :

  • grossesse ou allaitement ;
  • projet de grossesse ou troubles de la fertilité ;
  • enfant ou adolescent ;
  • maladie hépatique actuelle ou antécédent d’hépatite médicamenteuse ;
  • enzymes hépatiques élevées ;
  • consommation régulière d’alcool ;
  • prise de médicaments ou compléments potentiellement hépatotoxiques ;
  • traitement sédatif, anxiolytique, hypnotique ou psychotrope ;
  • allergie connue aux plantes de la famille des Apiaceae / Umbelliferae ;
  • maladie chronique nécessitant un traitement régulier.
  • Interactions possibles

Les interactions cliniquement démontrées sont mal documentées, mais la prudence est justifiée avec :

  • médicaments hépatotoxiques : prudence renforcée en raison de cas rares d’atteinte hépatique ;
  • alcool : éviter l’association régulière, surtout avec un usage oral prolongé ;
  • sédatifs, anxiolytiques, hypnotiques, antihistaminiques sédatifs : possible addition d’effets de somnolence ;
  • antiépileptiques ou psychotropes : prudence par manque de données ;
  • autres compléments “détox”, minceur ou multi-plantes : risque de cumul d’ingrédients mal caractérisés.

Les associations dans des formules “circulation”, “mémoire”, “stress” ou “peau” compliquent fortement l’évaluation du risque, surtout lorsque les extraits ne sont pas standardisés.

  • Dose maximale recommandée

Pour l’usage cutané traditionnel reconnu par l’EMA :

  • infusion locale : 0,6 g de plante fragmentée dans une petite quantité d’eau bouillante, appliquée en pansement imprégné 3 fois/j ;
  • poudre cutanée : 0,6 g appliqué localement 3 fois/j ;
  • dose quotidienne : 1,8 g/j ;
  • durée maximale : 1 semaine ;
  • population : adultes et personnes âgées uniquement ; usage non recommandé chez les moins de 18 ans.

Pour l’usage oral en complément alimentaire :

  • aucune dose maximale fiable ne peut être fixée selon une approche EBM stricte ;
  • les essais sur l’insuffisance veineuse utilisent surtout des extraits/fractions triterpéniques standardisés, environ 60 à 180 mg/j ;
  • éviter l’usage prolongé sans avis médical ;
  • éviter les extraits concentrés non caractérisés ;
  • arrêter immédiatement en cas de jaunisse, urines foncées, fatigue inhabituelle, douleur abdominale, nausées persistantes ou prurit généralisé.

Les doses utilisées dans les essais ne doivent pas être interprétées comme une recommandation générale de sécurité pour tous les compléments du marché.


🧪 Forme et qualité du complément

  • Forme galénique

Le gotu kola existe sous plusieurs formes :

  • poudre de feuilles / parties aériennes ;
  • infusion ;
  • gélules / comprimés de poudre ;
  • extraits secs ;
  • extraits hydroalcooliques ;
  • extraits aqueux ;
  • fractions triterpéniques purifiées type TTFCA ou TECA ;
  • crèmes, gels, pommades ou poudres cutanées ;
  • mélanges “circulation”, “mémoire”, “stress”, “peau” ou “anti-âge”.

Les formes ne sont pas interchangeables. Les résultats les plus intéressants dans l’insuffisance veineuse concernent surtout des extraits triterpéniques standardisés, pas la poudre brute. Les usages cutanés traditionnels ne valident pas l’efficacité des formes orales. Les essais dermatologiques topiques ne valident pas non plus les compléments alimentaires.

  • Mode d’extraction / standardisation

Pour évaluer correctement un produit, vérifier :

  • l’espèce botanique complète : Centella asiatica (L.) Urb. ;
  • la partie utilisée : feuilles, parties aériennes ou plante entière ;
  • la forme : poudre, extrait sec, extrait aqueux, extrait hydroalcoolique, fraction triterpénique ;
  • le DER si extrait : par exemple 4:1, 10:1, etc. ;
  • le solvant d’extraction : eau, éthanol, hydroalcoolique ;
  • la dose équivalente en plante sèche ;
  • la standardisation en triterpènes totaux ;
  • la teneur en asiaticoside, madecassoside, acide asiatique et acide madécassique ;
  • l’absence de promesses non démontrées : mémoire, stress, collagène, détox, drainage, anti-âge oral.

Les termes “gotu kola”, “centella”, “tiger grass” ou “cica” ne suffisent pas à juger la qualité. Un produit pertinent doit préciser la forme, la partie utilisée, le dosage réel et les marqueurs actifs.

  • Certifications et qualité

Signaux de meilleure qualité :

  • identification botanique claire ;
  • traçabilité de l’origine ;
  • analyse des métaux lourds ;
  • analyse des pesticides ;
  • contrôle microbiologique ;
  • contrôle des mycotoxines ;
  • contrôle des résidus de solvants pour les extraits ;
  • dosage des triterpènes ou des marqueurs principaux ;
  • certificat d’analyse disponible ;
  • fabrication selon standards GMP / HACCP ;
  • absence de mélange opaque multi-plantes.

Le principal problème de qualité est la variabilité : poudre brute, extrait aqueux, extrait hydroalcoolique, TECA, TTFCA et formes topiques ne correspondent pas aux mêmes produits. Cette variabilité limite fortement la transposition des essais cliniques aux compléments disponibles dans le commerce.


📊 Résumé des évaluations Fideta

CritèreNoteCommentaire
Efficacité globale🟠 DSignal clinique ciblé sur l’insuffisance veineuse chronique avec extraits triterpéniques standardisés, mais la plupart des autres allégations sont faibles, non reproduites ou non démontrées.
Sécurité adulte court terme🟠 DTolérance souvent correcte dans les essais courts, mais prudence avec la voie orale : rares atteintes hépatiques rapportées, absence de données solides à long terme, incertitudes grossesse/allaitement et fertilité.
Qualité des produits🟠 DForte variabilité entre poudre, extraits, fractions triterpéniques et formes topiques. Beaucoup de produits ne permettent pas de relier clairement la dose aux essais cliniques.

📚 Références scientifiques (sélection)

Sélection centrée sur données humaines, revues systématiques, méta-analyses et avis d’agences. Les données animales, in vitro, brevets et arguments marketing ne sont pas retenus pour noter l’efficacité.

  1. European Medicines Agency / HMPC. European Union herbal monograph on Centella asiatica (L.) Urb., herba, Revision 1. EMA/HMPC/489142/2020. 30 mars 2022.
  2. European Medicines Agency / HMPC. Assessment report on Centella asiatica (L.) Urb., herba, Revision 1. EMA/HMPC/489140/2020. 30 mars 2022.
  3. Chong NJ, Aziz Z. A systematic review of the efficacy of Centella asiatica for improvement of the signs and symptoms of chronic venous insufficiency. Evidence-Based Complementary and Alternative Medicine. 2013;2013:627182.
  4. Martinez-Zapata MJ, Vernooij RW, Uriona Tuma SM, Stein AT, Moreno RM, Vargas E, Capellà D, Bonfill Cosp X. Phlebotonics for venous insufficiency. Cochrane Database of Systematic Reviews. 2020;11:CD003229.
  5. Puttarak P, Dilokthornsakul P, Saokaew S, Dhippayom T, Kongkaew C, Sruamsiri R, Chuthaputti A, Chaiyakunapruk N. Effects of Centella asiatica (L.) Urb. on cognitive function and mood related outcomes: a systematic review and meta-analysis. Scientific Reports. 2017;7:10646.
  6. Arribas-López E, Zand N, Ojo O, Snowden MJ, Kochhar T. A systematic review of the effect of Centella asiatica on wound healing. International Journal of Environmental Research and Public Health. 2022;19(6):3266.
  7. Damkerngsuntorn W, Rerknimitr P, Panchaprateep R, Tangkijngamvong N, Kumtornrut C, Kerr SJ, Asawanonda P. The effects of a standardized extract of Centella asiatica on postlaser resurfacing wound healing on the face: a split-face, double-blind, randomized, placebo-controlled trial. Journal of Alternative and Complementary Medicine. 2020;26(6):529-536.
  8. NIH LiverTox. Centella asiatica. LiverTox: Clinical and Research Information on Drug-Induced Liver Injury. National Institute of Diabetes and Digestive and Kidney Diseases. Mise à jour : 24 avril 2024.
  9. Jorge OA, Jorge AD. Hepatotoxicity associated with the ingestion of Centella asiatica. Revista Española de Enfermedades Digestivas. 2005;97(2):115-124.
  10. EFSA. Botanical health claims and Article 13 health claims. Les allégations botaniques européennes concernant de nombreuses plantes restent en attente d’évaluation complète et ne constituent pas une preuve clinique d’efficacité.

Dernière mise à jour : 15 juin 2026
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