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Troxérutine

Nom scientifique : troxérutine (hydroxyethylrutosides)
Partie utilisée : principe actif purifié (dérivé de la rutine)
Origine : flavonoïde semi-synthétique issu de la rutine (quercétine-glycoside)

Troxérutine

Avis global

La troxérutine est historiquement utilisée comme veinotonique et capillaroprotecteur, principalement dans l’insuffisance veineuse chronique (IVC). L’analyse stricte des données EBM humaines montre un effet symptomatique modeste, essentiellement sur des critères subjectifs (douleur, sensation de jambes lourdes, crampes), sans impact démontré sur l’évolution de la maladie veineuse ou sur des critères cliniques majeurs.

Les essais disponibles sont majoritairement anciens, de qualité méthodologique limitée, et hétérogènes. Les méta-analyses concluent à un signal positif faible mais cohérent, insuffisant pour qualifier l’efficacité comme robuste ou cliniquement déterminante.

Les usages fréquents en hémorroïdes, circulation sanguine, ou comme antioxydant systémique ne reposent pas sur des preuves cliniques humaines convaincantes. La tolérance est globalement correcte aux doses étudiées, mais l’intérêt global reste contextuel et non prioritaire.


🎯 Effets attendus et preuves scientifiques

Fonction cibléeEffet revendiqué (population)Niveau de preuveDose efficace (ordres de grandeur cliniques)
Insuffisance veineuse chroniqueDiminution douleur des jambes🟡 C~1–2 g/j d’hydroxyethylrutosides
Insuffisance veineuse chroniqueRéduction sensation de jambes lourdes🟡 C~1–2 g/j
Insuffisance veineuse chroniqueDiminution crampes nocturnes🟡 C~1–2 g/j
Œdème veineuxRéduction du volume de jambe🟠 D~900 mg/j, effet faible et inconstant
HémorroïdesAmélioration des symptômes🔴 EDonnées confondues (associations), pas d’effet isolé démontré
HémorhéologieAmélioration viscosité sanguineFEssais contrôlés négatifs
Autres usages (antioxydant, microcirculation, métabolisme)Bénéfices systémiques diversFAucune donnée clinique humaine pertinente

⚠️ Sécurité et précautions

  • Effets secondaires / Effets indésirables: rares et le plus souvent bénins (troubles digestifs légers, nausées).
  • Contre-indications : grossesse et allaitement (absence de données de sécurité suffisantes).
  • Interactions : aucune interaction majeure démontrée cliniquement ; prudence en cas de polymédication.
  • Dose maximale recommandée : se conformer aux posologies médicamenteuses historiques (≈ 1–2 g/j). Au-delà : absence de données de sécurité humaine.

🧪 Forme et qualité du complément

  • Forme galénique pertinente : gélules, sachets de poudre orale, gels topiques.
  • Mode d’extraction / fabrication : semi-synthèse à partir de la rutine, puis standardisation en hydroxyethylrutosides.
  • Points critiques de qualité :
    • hétérogénéité importante des doses dans les compléments alimentaires,
    • nécessité d’une standardisation documentée,
    • absence fréquente de justification clinique des dosages.
  • Exigences minimales : traçabilité, certificat d’analyse, conformité GMP.

📊 Résumé des évaluations

CritèreNoteCommentaire
EfficacitéBénéfice symptomatique modeste, critères subjectifs, données anciennes
Sécurité🟢 BTolérance globalement correcte aux doses étudiées
Qualité🟠 DForte variabilité des compléments, standardisation indispensable

📚 Références scientifiques

  1. Aziz Z et al. A systematic review of the efficacy and tolerability of hydroxyethylrutosides for chronic venous insufficiency. Journal of Clinical Pharmacy and Therapeutics, 2015.
  2. Rehn D et al. Comparison between oxerutins and troxerutin in chronic venous insufficiency. Arzneimittelforschung, 1993.
  3. Squadrito F et al. Troxerutin-carbazochrome in hemorrhoidal disease: double-blind randomized trial. European Review for Medical and Pharmacological Sciences, 2000.
  4. Gallasch G et al. Controlled double-blind study on tri-(hydroxyethyl)-rutin and blood viscosity. 1985.
  5. European Medicines Agency (EMA). Assessment reports on hydroxyethylrutosides.
  6. Base de données publique des médicaments (France). Résumé des caractéristiques produits contenant la troxérutine.
  7. NIH – NCCIH. Overview of flavonoids and venotonic agents.

Dernière mise à jour : 10 février 2026