Inositol
Nom scientifique : myo-inositol (forme principale), D-chiro-inositol (isomère)
Partie utilisée : molécule purifiée (non issue directement d’une plante)
Origine : naturellement présente dans les aliments riches en lécithine (céréales, légumineuses, fruits secs) ; obtenue industriellement par hydrolyse de phytate ou fermentation.

Avis global
Le myo-inositol est principalement étudié pour ses effets sur les troubles hormonaux et métaboliques féminins, notamment le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) et la prévention du diabète de grossesse.
Les résultats sont positifs mais modérés : les études humaines montrent une amélioration de la sensibilité à l’insuline, de la régularité des cycles menstruels et parfois de l’ovulation, mais la qualité méthodologique reste variable.
Les effets sur la santé mentale (trouble panique), la thyroïde (en association au sélénium), la fertilité masculine ou la santé du foie sont encore exploratoires.
L’inositol est très bien toléré aux doses habituelles (jusqu’à 4 g par jour), sans toxicité identifiée.
Aucune allégation santé officielle n’a été reconnue par l’EFSA.
🎯 Effets attendus et preuves scientifiques
| Fonction ciblée | Effet observé chez l’humain | Niveau de preuve | Dose efficace observée |
|---|---|---|---|
| Syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) | Améliore la sensibilité à l’insuline (meilleure gestion du sucre), régule les cycles menstruels, diminue légèrement les androgènes (hormones mâles). | 🟡 C | 2 g deux fois par jour (4 g/j), parfois combiné à du D-chiro-inositol (ratio 40:1). |
| Prévention du diabète de grossesse | Réduit le risque de diabète gestationnel chez les femmes à risque (surpoids, antécédents familiaux). | 🟡 C | 2 g deux fois par jour dès le premier trimestre. |
| Santé mentale (trouble panique, anxiété sévère) | Diminue la fréquence et l’intensité des crises dans quelques petites études anciennes. | 🟠 D | 12 à 18 g/jour, en plusieurs prises (usage encadré). |
| Thyroïde (hypothyroïdie auto-immune débutante) | En association avec le sélénium, baisse légère de la TSH (hormone de stimulation thyroïdienne) et des anticorps anti-thyroïdiens. | 🟡 C | 600 mg d’inositol + 83 µg de sélénium, 1 à 2 fois/j pendant 3 à 6 mois. |
| Fertilité masculine | Quelques études montrent une amélioration du sperme (mobilité, concentration), mais souvent avec plusieurs ingrédients combinés. | 🔴 E | Non standardisé. |
| Foie et métabolisme (stéatose hépatique non alcoolique) | Légère amélioration des enzymes du foie et du cholestérol dans de petits essais. | 🟠 D | 2 à 4 g/jour sur 2 à 3 mois. |
| Fonction cognitive / mémoire | Aucun effet démontré sur la mémoire ou la concentration. | ⚫ F | — |
⚠️ Sécurité et précautions
- Effets secondaires / Effets indésirables : rares et bénins — troubles digestifs (nausées, diarrhée, ballonnements), céphalées à doses élevées.
- Contre-indications : prudence en cas de traitement par antidiabétiques (effet additif sur la glycémie).
- Grossesse et allaitement : utilisation possible sous supervision médicale, bien tolérée dans les études de prévention du diabète gestationnel.
- Interactions :
- Antidiabétiques ou insuline → possible renforcement de l’effet hypoglycémiant.
- Traitements thyroïdiens → surveiller la TSH si association avec sélénium.
- Psychotropes (ISRS, lithium) → prudence à fortes doses.
- Dose maximale courante bien tolérée : jusqu’à 4 g/j.
- Au-delà (≥12 g/j) : réservé à un usage médical ou en protocole de recherche.
🧪 Forme et qualité du complément
- Formes galéniques : sachets, poudres, gélules.
- Variantes : myo-inositol seul, D-chiro-inositol, ou mélange 40:1.
- Mode d’obtention : hydrolyse du phytate (céréales, soja) ou fermentation microbienne.
- Critères de qualité : pureté ≥98 %, dosage exact mentionné (2 g/sachet), ratio MI:DCI indiqué, certification GMP/ISO 22000.
- Conseil pratique : privilégier la prise fractionnée (matin/soir) et les produits indiquant clairement la teneur par dose.
📊 Résumé des évaluations
| Critère | Note | Commentaire |
|---|---|---|
| Efficacité | Résultats encourageants dans le SOPK et la prévention du diabète de grossesse, mais preuves encore limitées. | |
| Sécurité | 🟢 B | Très bonne tolérance, effets secondaires mineurs, prudence en cas de traitement hypoglycémiant. |
| Qualité | 🟡 C | Variabilité importante selon les produits ; dosage et ratio MI:DCI essentiels à vérifier. |
📚 Références scientifiques
- Fitz V et al., J Clin Endocrinol Metab, 2024 – Revue systématique et méta-analyse sur le SOPK.
- Unfer V et al., Eur Rev Med Pharmacol Sci, 2017 – Essais cliniques sur myo-inositol dans le SOPK.
- Takele W.W et al., Commun Med (Nature Research), 2024 – Méta-analyse sur la prévention du diabète gestationnel.
- Greff D et al., World J Diabetes, 2023 – Effets du myo-inositol en grossesse.
- Benjamin J et al., Am J Psychiatry, 1995 – Essai contrôlé sur le trouble panique.
- Palatnik A et al., J Clin Psychopharmacol, 2001 – Inositol vs fluvoxamine (comparatif).
- Nordio M & Pajalich R, J Thyroid Res, 2013 – Association myo-inositol + sélénium.
- Ferrari S.M et al., Eur Rev Med Pharmacol Sci, 2017 – Cohorte sur hypothyroïdie auto-immune.
- Arefhosseini S et al., Front Nutr, 2023 – Essai pilote sur stéatose hépatique.
- EFSA NDA Panel, 2009 – Avis : aucune relation prouvée avec les fonctions cognitives.
Dernière mise à jour : 26 octobre 2025