Cannelle d’Indonésie (Cinnamomum burmannii)
Nom scientifique : Cinnamomum burmannii
Partie utilisée : Écorce séchée
Origine : Indonésie

Avis global
La cannelle d’Indonésie (Cinnamomum burmannii) appartient au groupe des cannelles dites « cassia », fréquemment utilisées dans les compléments destinés au contrôle de la glycémie.
En analyse strictement fondée sur les preuves (EBM), les données cliniques spécifiques à l’espèce burmannii sont insuffisantes pour démontrer un bénéfice métabolique robuste. La majorité des méta-analyses positives portent sur la « cannelle » sans distinction rigoureuse d’espèce ni standardisation chimique, rendant l’attribution causale incertaine.
Les essais disponibles sont soit négatifs, soit hétérogènes, soit utilisent des mélanges d’espèces. Aucun effet démontré sur des critères cliniques durs (complications du diabète, événements cardiovasculaires).
Cette espèce contient par ailleurs des quantités significatives de coumarine, molécule associée à une toxicité hépatique dose-dépendante.
En pratique : absence de preuve clinique solide d’efficacité et nécessité d’un contrôle strict de la coumarine.
🎯 Effets attendus et preuves scientifiques
| Fonction ciblée | Effet revendiqué | Niveau de preuve | Commentaire synthétique |
|---|---|---|---|
| Glycémie (prédiabète) | Stabilisation glycémie à jeun | 🔴 E | Étude isolée utilisant mélange d’espèces ; attribution spécifique impossible |
| Glycémie postprandiale (T2D) | Réduction du pic glycémique | ⚫ F | Essai contrôlé négatif |
| HbA1c (T2D) | Diminution modeste | 🔴 E | Méta-analyses non spécifiques à burmannii ; forte hétérogénéité |
| Profil lipidique | Baisse LDL/TG | 🔴 E | Données non reproductibles et non spécifiques |
| Poids / IMC | Perte de poids | ⚫ F | Absence de preuve clinique robuste |
| Prévention cardiovasculaire | Réduction d’événements | ⚫ F | Aucune étude clinique d’événement |
⚠️ Sécurité et précautions
Effets indésirables
- Troubles digestifs légers
- Réactions allergiques rares
Risque principal : coumarine
- Hépatotoxicité dose-dépendante
- Variabilité interindividuelle métabolique
- DJT EFSA : 0,1 mg/kg/jour
→ ≈ 6 mg/j pour un adulte de 60 kg
Des compléments concentrés peuvent approcher ou dépasser cette limite selon leur teneur réelle.
Contre-indications
- Maladie hépatique
- Association avec substances hépatotoxiques
- Usage prolongé à forte dose
- Grossesse : éviter doses thérapeutiques
Interactions
- Antidiabétiques : effet additif possible
- Anticoagulants : prudence
🧪 Forme et qualité du complément
Formes disponibles :
- Poudre brute
- Extrait sec (aqueux ou hydro-alcoolique)
Points critiques :
- Identification botanique précise indispensable
- Quantification analytique de la coumarine
- Standardisation chimique documentée
- Transparence sur ratio d’extraction
Absence de dosage de coumarine = qualité insuffisante.
📊 Résumé des évaluations
| Critère | Note | Commentaire |
|---|---|---|
| Efficacité | Données humaines spécifiques insuffisantes et non reproductibles | |
| Sécurité | 🟡 C | Risque hépatotoxique dose-dépendant lié à la coumarine |
| Qualité | 🟠 D | Forte variabilité des produits ; contrôle de coumarine rarement documenté |
📚 Références scientifiques
- Romeo GR et al. Influence of Cinnamon on Glycemic Control in Individuals With Prediabetes. Journal of the Endocrine Society. 2020.
- Rachid AP et al. Effect of Aqueous Cinnamon Extract on Postprandial Glycemia in Type 2 Diabetes Mellitus. Nutrients. 2022.
- Leach MJ, Kumar S. Cinnamon for diabetes mellitus. Cochrane Database Syst Rev. 2012.
- Moridpour AH et al. Cinnamon supplementation and glycemic control in type 2 diabetes: systematic review and meta-analysis. Phytotherapy Research. 2024.
- EFSA Panel on Food Additives. Scientific Opinion on Coumarin in flavourings. EFSA Journal. 2008.
- ANSES. Avis relatif au risque d’hépatotoxicité lié à la coumarine dans les compléments alimentaires. 2021.
Dernière mise à jour : 19 février 2026