Cannelle de Chine (Cassia)
Nom scientifique : Cinnamomum cassia (syn. C. aromaticum)
Partie utilisée : Écorce séchée
Origine : Chine, Indonésie, Vietnam

Avis global
La cannelle de Chine (Cassia) est l’espèce la plus utilisée dans les compléments destinés au contrôle de la glycémie.
Les essais cliniques chez les patients atteints de diabète de type 2 montrent une baisse modeste de la glycémie à jeun, mais l’effet sur l’HbA1c est faible et inconstant. Les études sont généralement de courte durée, hétérogènes et basées sur des critères intermédiaires. Aucun impact sur les complications du diabète ou les événements cardiovasculaires n’a été démontré.
Contrairement à la cannelle de Ceylan, la canne de Chine contient des quantités significatives de coumarine, substance dont la toxicité hépatique est dose-dépendante. La DJT fixée par l’EFSA (0,1 mg/kg/j) peut être dépassée avec des doses élevées (≥1–3 g/j).
En pratique : signal métabolique faible, absence de bénéfice clinique démontré, et risque hépatique à considérer en usage prolongé ou à forte dose.
🎯 Effets attendus et preuves scientifiques
| Fonction ciblée | Effet revendiqué | Niveau de preuve | Commentaire synthétique |
|---|---|---|---|
| Glycémie (T2D) | Baisse modeste glycémie à jeun | 🟡 C | 1–6 g/j poudre ou équivalent extrait (8–16 sem) ; effet statistique modeste |
| HbA1c | Légère baisse | 🟠 D | Résultats inconsistants ; effet faible |
| Lipides | Baisse TG/LDL modérée | 🟠 D | Hétérogénéité importante |
| Pression artérielle | Baisse très légère | 🟠 D | −1 à −2 mmHg ; pertinence clinique limitée |
| CRP | Aucun effet clair | 🔴 E | Données contradictoires |
| Poids / IMC | Inefficace | ⚫ F | RCTs négatives |
| SOPK | Résultats partiels | 🔴 E | Petites études isolées |
| Infections urinaires | Aucun bénéfice démontré | ⚫ F | Aucune étude clinique humaine |
| Prévention cardiovasculaire | Aucun résultat clinique | ⚫ F | Pas d’étude d’événements |
⚠️ Sécurité et précautions
Effets indésirables
- Troubles digestifs légers
- Céphalées
- Réactions allergiques rares
Risque principal : coumarine
- Hépatotoxicité dose-dépendante
- Variabilité interindividuelle (CYP2A6)
- DJT EFSA : 0,1 mg/kg/j
→ ≈ 6 mg/j pour 60 kg
Des compléments ≥1–3 g/j peuvent approcher ou dépasser cette limite.
Contre-indications
- Maladie hépatique
- Consommation d’alcool élevée
- Association avec substances hépatotoxiques
- Grossesse : éviter doses thérapeutiques
Interactions
- Antidiabétiques : effet additif possible
- Anticoagulants : prudence théorique
🧪 Forme et qualité du complément
Formes disponibles :
- Poudre brute
- Extrait sec (aqueux / hydro-alcoolique)
Points critiques :
- Quantification de la coumarine indispensable
- Mention claire de l’espèce botanique
- Ratio d’extraction
- Contrôle contaminants
Absence de dosage de coumarine = qualité insuffisante.
📊 Résumé des évaluations
| Critère | Note | Commentaire |
|---|---|---|
| Efficacité | Signal glycémique modeste sans impact clinique démontré | |
| Sécurité | 🟠 D | Risque hépatique dose-dépendant |
| Qualité | 🟠 D | Forte variabilité ; transparence souvent insuffisante |
📚 Références scientifiques
- Leach MJ, Kumar S. Cinnamon for diabetes mellitus. Cochrane Database Syst Rev. 2012;CD007170.
- Allen RW et al. Cinnamon use in type 2 diabetes: systematic review and meta-analysis. Ann Fam Med. 2013;11(5):452-459.
- Moridpour AH et al. Cinnamon supplementation and glycemic control in T2D: systematic review and meta-analysis. 2024.
- Zarezadeh M et al. Effects of cinnamon supplementation on glycemic control: umbrella meta-analysis. 2023.
- EFSA Panel on Food Additives. Coumarin in flavourings. EFSA Journal. 2008;6(10):793.
- ANSES. Avis relatif au risque d’hépatotoxicité lié à la coumarine dans les compléments alimentaires. 2021.
- BfR. High daily intakes of cinnamon may pose a health risk. 2012.
Dernière mise à jour : 18 février 2026