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Valériane

Nom scientifique : Valeriana officinalis
Partie utilisée : Racine et rhizome
Origine : Europe et Asie tempérées

Valériane

🧠 Avis global

La valériane (Valeriana officinalis) est une plante sédative traditionnellement utilisée pour les troubles du sommeil et la tension nerveuse légère. Son intérêt clinique dépend fortement de la forme utilisée : extrait sec hydroalcoolique, poudre de racine, infusion, teinture, dosage, DER, solvant d’extraction et standardisation éventuelle.

L’EMA/HMPC distingue certains extraits secs éthanoliques de racine de valériane, utilisés comme médicaments à base de plantes, pour lesquels un usage bien établi est reconnu dans le soulagement de la tension nerveuse légère et des troubles du sommeil. Cette reconnaissance ne doit pas être extrapolée automatiquement à tous les compléments alimentaires contenant de la valériane, dont la composition, l’extraction et la dose peuvent être très différentes.

Les données humaines restent hétérogènes. Un signal existe sur l’amélioration subjective de la qualité du sommeil et, plus modestement, sur la latence d’endormissement, mais les mesures objectives du sommeil sont inconstantes et les revues récentes ne permettent pas de conclure à une efficacité robuste dans l’insomnie clinique.

Pour les réveils nocturnes, l’architecture du sommeil ou l’alignement circadien, l’effet n’est pas démontré. Pour la tension nerveuse légère, le niveau de preuve est modéré et surtout pour certains extraits médicinaux étudiés. En revanche, pour les troubles anxieux cliniques, les preuves sont faibles et trop fragiles pour conclure à une efficacité thérapeutique.


🎯 Effets attendus et preuves scientifiques

Fonction cibléeEffet revendiquéNiveau de preuveDose efficace / étudiée
Sommeil — qualité subjectiveAmélioration de la qualité perçue du sommeil🟡 C – signal clinique possible, mais hétérogène et surtout subjectifExtrait sec hydroalcoolique souvent 400–600 mg le soir selon monographie EMA ; autres formes non équivalentes
Sommeil — latence d’endormissementRéduction du temps d’endormissement🟡 C – effet plausible mais variable selon les études et les extraits400–600 mg d’extrait sec hydroalcoolique ; certaines études récentes utilisent 200 mg d’extrait standardisé à 2 % d’acides valéréniques
Réveils nocturnesDiminution des réveils pendant la nuit🔴 E – effet non démontré ; signaux subjectifs isolés, non robustesNon établi
Alignement circadienCorrection ou synchronisation du rythme veille-sommeil⚫ F – aucune preuve spécifique convaincanteNon établi
Sommeil profond / architecture du sommeilAmélioration objective de la structure du sommeil🔴 E – non établi ; résultats polysomnographiques rares et contradictoiresNon établi
Tension nerveuse légèreRéduction de la tension nerveuse légère / relaxation🟡 C – usage médicinal reconnu pour certains extraits, mais preuve clinique limitée en EBM stricteExtraits secs éthanoliques conformes aux préparations évaluées par l’EMA ; dose selon spécialité ou monographie
Trouble anxieux cliniqueRéduction d’un trouble anxieux caractérisé🟠 D – preuve faible / fragile ; données humaines insuffisantesNon établi ; ne pas extrapoler l’usage “tension nerveuse légère” aux troubles anxieux

🗂️ Encadré – Position EMA/HMPC

L’EMA/HMPC reconnaît deux cadres distincts pour la racine de valériane :

  • Usage bien établi : certains extraits secs éthanoliques de racine de valériane pour le soulagement de la tension nerveuse légère et des troubles du sommeil.
  • Usage traditionnel : autres préparations de racine de valériane pour soulager les symptômes légers de stress mental et aider au sommeil, sur la base d’un usage ancien et non d’une démonstration clinique robuste.
À ne pas extrapoler

La monographie EMA concerne des médicaments à base de plantes répondant à des exigences pharmaceutiques de qualité. Elle ne valide pas automatiquement tous les compléments alimentaires contenant de la valériane, surtout lorsque le type d’extrait, le DER, le solvant ou la teneur en marqueurs ne sont pas précisés.


⚠️ Sécurité et précautions

  • Tolérance générale : la valériane est généralement bien tolérée à court terme aux doses usuelles.
  • Effets secondaires / Effets indésirables possibles : nausées, crampes abdominales, somnolence, fatigue, maux de tête ou sensations vertigineuses selon les préparations.
  • Conduite / machines : prudence, car la valériane peut diminuer la vigilance, surtout en association avec d’autres substances sédatives.
  • Grossesse / allaitement : usage déconseillé par manque de données de sécurité suffisantes.
  • Enfants : usage non recommandé chez les moins de 12 ans dans le cadre EMA/HMPC.
  • Interactions : aucune interaction clinique formelle n’est solidement établie, mais un effet sédatif additif est plausible avec alcool, benzodiazépines, hypnotiques, opioïdes, antihistaminiques sédatifs, mélatonine ou autres plantes sédatives.
  • Foie : de rares cas d’atteinte hépatique ont été rapportés avec des produits contenant de la valériane, souvent dans des contextes difficiles à attribuer ; prudence en cas d’antécédent hépatique ou de symptômes évocateurs.
  • Durée d’usage : l’effet peut être progressif ; consulter si les troubles persistent, s’aggravent ou imposent un usage prolongé.

🧪 Forme et qualité du complément

  • Partie utilisée : racine et rhizome séchés.
  • Formes disponibles : extrait sec hydroalcoolique, poudre de racine, infusion, teinture, extrait fluide, associations avec houblon, mélisse, passiflore ou mélatonine.
  • Extraction : les données les plus structurées concernent surtout certains extraits secs hydroalcooliques. Une simple mention “valériane” ne permet pas d’inférer l’efficacité.
  • Standardisation : les acides valéréniques peuvent servir de marqueurs de qualité, mais aucun constituant isolé ne résume à lui seul l’activité pharmacologique de la plante.
  • Informations indispensables : dose par prise, type d’extrait, DER, solvant d’extraction, teneur en acides valéréniques, forme galénique, statut réglementaire et présence éventuelle d’autres sédatifs.
  • Associations : en cas de formule multi-ingrédients, l’effet ne peut pas être attribué à la valériane seule.

📊 Résumé des évaluations

CritèreNoteCommentaire
EfficacitéSignal faible à modéré sur sommeil subjectif et tension nerveuse légère selon les extraits ; pas de preuve robuste pour l’insomnie clinique
Sécurité🟢 BTolérance généralement bonne à court terme ; prudence avec sédatifs, alcool, grossesse/allaitement et conduite
Qualité🟡 CForte variabilité des extraits et compléments ; les conclusions EMA ne sont applicables qu’aux préparations comparables

📚 Références scientifiques

  • EMA/HMPC – European Union herbal monograph on Valeriana officinalis L., radix ; page EMA “Valerianae radix – herbal medicinal product”.
  • Riemann D. et al. (2023) – The European Insomnia Guideline: an update on the diagnosis and treatment of insomnia 2023, Journal of Sleep Research.
  • Valente V. et al. (2024) – Does valerian work for insomnia? An umbrella review of the evidence, European Neuropsychopharmacology.
  • Fernández-San-Martín M.I. et al. (2010) – Effectiveness of Valerian on insomnia: a meta-analysis, Sleep Medicine.
  • Bent S. et al. (2006) – Valerian for sleep: a systematic review and meta-analysis, American Journal of Medicine.
  • Taibi D.M. et al. (2007) – Valerian as a sleep aid: safe but not effective?, Sleep Medicine Reviews.
  • Shinjyo N. et al. (2020) – Valerian Root in Treating Sleep Problems and Associated Disorders: a Systematic Review and Meta-Analysis, Journal of Evidence-Based Integrative Medicine.
  • Shekhar H.C. et al. (2024) – Standardized Extract of Valeriana officinalis Improves Overall Sleep Quality in Human Subjects with Sleep Complaints: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled Clinical Study, Advances in Therapy.
  • Miyasaka L.S. et al. (2006) – Valerian for anxiety disorders, Cochrane Database of Systematic Reviews.
  • NIH Office of Dietary Supplements – Valerian: Fact Sheet for Health Professionals.
  • NCCIH – Valerian: Usefulness and Safety.
  • Ziegler G. et al. (2002) – Essai randomisé double aveugle comparant 600 mg/j d’extrait de valériane LI 156 à 10 mg/j d’oxazépam pendant 6 semaines chez 202 patients avec insomnie non organique. Résultats favorables sur la qualité subjective du sommeil, avec efficacité jugée comparable à l’oxazépam, mais absence de bras placebo : l’étude soutient un signal clinique, sans démontrer robustement l’efficacité absolue de la valériane.

Dernière mise à jour : 21 mai 2026
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