ERGYPHILUS® Intima
Marque / Laboratoire : Nutergia
Catégorie : Probiotiques multi-souches + prébiotique + vitamine

🔴 Note Fideta : E – Score : 40/100
Pertinence faible
ERGYPHILUS® Intima est un complément alimentaire oral revendiquant un bénéfice sur le confort intime et l’équilibre de la flore vaginale.
Or, l’analyse des données scientifiques disponibles montre que l’efficacité des probiotiques dans ce domaine est hautement dépendante de la souche exacte, de la voie d’administration (souvent vaginale) et du contexte thérapeutique.
Les revues systématiques (dont Cochrane) concluent que les preuves restent insuffisantes ou hétérogènes pour recommander les probiotiques oraux dans la vaginose bactérienne ou la prévention des récidives. Lorsque des effets positifs sont observés, ils concernent des souches spécifiques, testées par voie vaginale, non équivalentes à la formulation d’ERGYPHILUS® Intima.
La présence de vitamine B2, dont l’allégation EFSA « maintien de muqueuses normales » est autorisée, peut être pertinente en cas d’apport insuffisant, mais ne permet pas d’établir une efficacité clinique spécifique sur la flore vaginale.
📦 Composition et analyse
Posologie : 2 à 4 gélules/jour
Analyse ci-dessous : pour 4 gélules
| Ingrédient | Quantité | Commentaire Fideta |
|---|---|---|
| Lactobacillus acidophilus DSM 21717 (LA02) | 10 milliards UFC | Une étude clinique humaine identifiée dans la candidose vulvovaginale récidivante, mais par voie vaginale et en association avec une autre souche. Données non transposables à un probiotique oral multi-souches. |
| Lactobacillus crispatus DSM 33822 | 7 milliards UFC | L. crispatus est associé à un microbiote vaginal protecteur, mais aucune étude clinique publiée n’est clairement attribuable à la souche DSM 33822. Les essais positifs concernent d’autres souches (ex. CTV-05), par voie vaginale. |
| Lactobacillus gasseri LMG 26661 | 7 milliards UFC | Absence de preuves cliniques robustes publiées pour cette souche dans la santé vaginale. |
| Lactobacillus rhamnosus GG ATCC 53103 | 4,4 milliards UFC | Souche très bien documentée chez l’humain pour la santé digestive et la sécurité. Aucune preuve clinique directe pour la flore vaginale. |
| Bifidobacterium bifidum DSM 22892 | 2 milliards UFC | Aucune étude clinique humaine publiée retrouvée pour cette souche dans l’indication revendiquée. |
| Lactobacillus fermentum AGAL NM02/31704 | 1,6 milliard UFC | Absence de données cliniques humaines publiées identifiables pour cette souche précise. |
| Fructo-oligosaccharides (FOS) | 446 mg | Prébiotique intestinal. L’impact clinique d’un prébiotique oral sur la flore vaginale n’est pas démontré. |
| Vitamine B2 (riboflavine) | 0,44 mg (30 % AR) | Allégation EFSA valide : maintien de muqueuses normales. Pertinence surtout en cas de carence, sans démonstration d’effet thérapeutique sur une dysbiose vaginale. |
🎯 Pertinence scientifique
| Fonction ciblée | Effet attendu | Niveau de preuve | Commentaire |
|---|---|---|---|
| Vaginose bactérienne (traitement ou prévention) | Réduction des symptômes ou des récidives | 🔴 E | Revues systématiques non concluantes. Les résultats positifs concernent des produits vaginaux spécifiques, non extrapolables à des probiotiques oraux non testés. |
| Candidose vulvovaginale récidivante | Diminution des récidives | 🔴 E | Une étude existe avec DSM 21717, mais voie vaginale et association → transposabilité limitée. |
| Impact des probiotiques oraux sur la flore vaginale | Colonisation / normalisation | 🔴 E | Les données montrent une forte variabilité interindividuelle. Les effets observés sont souche-spécifiques et ne peuvent être extrapolés à des souches non testées. |
| Muqueuses normales (vitamine B2) | Soutien nutritionnel | 🔴 E | Allégation valide, mais effet clinique limité à la correction d’un déficit. |
Point clé : En santé vaginale, un probiotique oral n’est pas efficace “par principe”.
Sans essais cliniques sur la souche exacte, la voie orale et le produit final, l’efficacité ne peut pas être présumée.
⚠️ Sécurité et précautions
- Effets secondaires : ballonnements, gaz, inconfort digestif transitoire.
- Prudence : immunodépression sévère, patients très fragiles (cas rares d’infections liées aux probiotiques rapportés).
- Interactions : aucune interaction médicamenteuse majeure documentée.
- Dose maximale : pas de limite officielle pour les probiotiques ; vitamine B2 bien tolérée aux doses usuelles.
🧪 Forme et qualité
- Forme galénique : gélules orales (gélatine de poisson).
- Actifs : souches identifiées (DSM, ATCC, LMG), non microencapsulées.
- Conservation au froid : cohérente pour la viabilité, sans lien démontré avec l’efficacité clinique.
- Essais cliniques sur le produit fini : aucun.
📊 Résumé des évaluations
| Critère | Note | Commentaire |
|---|---|---|
| Efficacité | 🔴 E | Absence de preuves cliniques transposables aux souches exactes et à la voie orale revendiquée. |
| Sécurité | 🟡 C | Bonne tolérance chez le sujet sain. |
| Qualité | 🟡 C | Traçabilité correcte des souches, mais absence de validation clinique. |
📚 Références scientifiques
- Cochrane Database of Systematic Reviews (2021). Probiotics for the treatment of bacterial vaginosis – preuves insuffisantes et hétérogènes pour recommander les probiotiques en routine.
- Liu H. et al., 2022. Probiotics for the treatment and prevention of bacterial vaginosis: a systematic review and meta-analysis, Archives of Gynecology and Obstetrics – résultats dépendants des souches et de la voie d’administration.
- Cohen C.R. et al., 2020. Randomized Trial of Lactin-V to Prevent Recurrence of Bacterial Vaginosis, New England Journal of Medicine – bénéfice démontré avec L. crispatus CTV-05 par voie vaginale.
- Murina F. et al., 2014. Vaginal Lactobacillus fermentum LF10 and Lactobacillus acidophilus LA02 in recurrent vulvovaginal candidiasis, Journal of Lower Genital Tract Disease – étude positive mais voie vaginale et association de souches.
- Reid G. et al., 2003. Oral probiotics can resolve urogenital infections, FEMS Immunology & Medical Microbiology – effets observés avec souches spécifiques, non extrapolables.
- Yang S. et al., 2020. Effect of oral Lactobacillus on vaginal microbiota, Frontiers in Cellular and Infection Microbiology – variabilité du microbiote vaginal indépendamment de la supplémentation orale.
- Petrova M.I. et al., 2015. The vaginal microbiota: what have we learned after a decade of molecular characterization?, PLoS ONE – souligne la spécificité écologique du microbiote vaginal.
- NIH – Office of Dietary Supplements (2024). Probiotics: Health Professional Fact Sheet – insiste sur le caractère souche- et indication-spécifique des probiotiques.
- EFSA NDA Panel (2010). Scientific Opinion on riboflavin – validation de l’allégation « maintien de muqueuses normales ».
- EFSA Register of Nutrition and Health Claims (Article 13.1) – aucune allégation validée pour les probiotiques et la santé vaginale.
🛡️ Note légale
Cette fiche est établie à partir d’une revue critique des données scientifiques disponibles et ne prend pas en comtpe d'éventuelles données internes au laboratoire non publiées.
Elle ne constitue ni un avis médical ni une recommandation personnalisée.
Pour toute décision de santé, consultez un professionnel.
Dernière mise à jour : 16 décembre 2025